PRTM 2007-2012 : Suivi démographique

Les acteurs du suivi

 

 

Dans l'Ouest, le suivi des pontes de tortues marines est coordonné à l’échelle locale par le Parc Naturel Régional de Guyane, gestionnaire de la Réserve Naturelle de l’Amana depuis 2008. Le suivi est assuré par 5 gardes. Les actions sont menées en partenariat avec des associations locales, comme « Luth et nature » qui participe à l’information des visiteurs sur le site et « Kulalasi » qui contribue au suivi sur les plages isolées, en partenariat avec le WWF. Le CNRS IPHC conduit ses études sur les plages d’Awala-Yalimapo dans le cadre du projet MIRETTE (cf. plus bas) en partenariat avec la réserve.

 

 

Sur Kourou, l’évolution démographique du littoral rend momentanément les plages peu propices aux pontes. Jusqu’en 2008, les suivis sur les plages de Kourou étaient assurés par la Sepanguy. En 2009, le suivi a été allégé et assuré par le Service Mixte de Police de l’Environnement de l’ONCFS/ONEMA car il était nécessaire de maintenir une veille. En effet, la dynamique du littoral est puissante et la situation actuelle peut évoluer rapidement. Nous cherchons à présent un relais local ave une association.

Sur l’Ile de Cayenne, l’association Kwata assure un suivi quotidien d’avril à août à l’aide des permanents de l’association et de bénévoles. Un médiateur environnemental sur l’Ile de Cayenne veille à la mise en place d’actions visant à réduire les menaces d’origine anthropique sur les plages et sur la côte en concertation avec les acteurs (collectivités territoriales, état) du littoral. Le responsable scientifique de l’association conduit par ailleurs des études sur la génétique des trois espèces, en partenariat avec l’IPHC.

 

 

1. Le suivi des pontes 

 

Objectifs du suivi :

1. Mise en évidence de la tendance des différentes populations au cours des dernières décennies 

2. Définir une stratégie de gestion et de conservation de l’espèce et de son habitat de ponte

 

Les équipes de terrain effectuent des opérations de comptage des traces laissées par le passage des femelles qui viennent déposer leurs œufs sur les plages de ponte et, selon les années, des opérations de marquage des tortues marines. Ces travaux permettent d’obtenir des informations sur la dynamique des populations et leur tendance démographique. Le marquage a été effectué en continu sur les tortues luths de 1987 à 2007 et suivi l’évolution des techniques de marquage (bague, pits). Les tortues olivâtres ont été baguées en 2004 et les opérations ont repris en 2009 à l’aide de transpondeurs (puce électronique d'identification individuelle). Le marquage des tortues vertes a débuté en 2010 sur l’ouest de la Guyane, qui accueille le plus d’individus. Le marquage permet d’étudier la démographie de la population, mais cela nécessite l’accumulation de nombreuses données pour pouvoir en tirer des tendances fiables.

 

Une base de données collective :

 

Chaque année, les données de comptage et de marquage de chaque partenaire sont centralisées par la DEAL Guyane. Une convention pour la gestion de cette base de données collective a été signé en 2013.


2. Les études génétiques

 

Espèces

Objectifs

Programmes mis en oeuvre

 

Tortues luth                                               

  1. Etablir l’historique de l’état de la population depuis quelques dizaines à quelques centaines de générations      

  2. Philopatrie des luths

  3. Définir une stratégie de gestion et de conservation de l’espèce

En 2009, stage de 6 mois de master 2 au sein du CNRS IPHC à partir de données de 2008 collectées par Kwata et le CNRS.
En 2009 et 2010, une étude génétique a été menée par Kwata (avec un partenariat avec l’Université Belo Horizonte au Brésil et le CNRS IPHC). Aux prélèvements effectués sur des tortues luth de Guyane viennent s’ajouter des échantillons de Martinique et de Guadeloupe (via l’ONCFS) et en 2012 du Brésil.

Remarque : cette analyse vient compléter une première étude effectuée en 2005 par le laboratoire CNRS ESE (Rivalan et al., 2006).

 

Tortues vertes

  1. Etablir l’historique de l’état de la population depuis quelques dizaines à quelques centaines de générations

  2. Permettre de statuer sur les échanges de population entre l’Est et l’Ouest de la Guyane, ainsi qu’entre le plateau des Guyanes et les Antilles

Une centaine de biopsies réalisées en 2010 et 2011 sur des tortues vertes sur l’ouest et l’est de la Guyane et qui seront analysées par l’association Kwata. Un partenariat est mis en place avec l’Institut Pasteur de la Guyane, et prévu avec l’ONCFS Guadeloupe pour comparer les caractéristiques génétiques des populations et identifier d’éventuels échanges.

 

Tortues olivâtres

 

  1. Etablir l’historique de l’état de la population depuis environ un siècle

  2. Permettre de statuer sur les échanges de population

  3. Définir une stratégie de conservation de l’espèce

 

Etude génétique réalisée en 2010 (financement CARET 1) par Kwata

 

3. Le suivi télémétrique

 

Equiper des tortues marines de systèmes de localisation répond à deux objectifs majeurs :

 

  1. Déterminer l’aire de répartition, le comportement de déplacement et de plongée pendant et en dehors de la saison de ponte afin d’identifier et de caractériser les différents habitats exploités par les animaux pour apporter une aide à la décision en termes de gestion et de conservation des espaces et des espèces.

  2. Identifier les zones d’interactions possibles avec les activités de pêche

 

Programme 2011 : Suivre les tortues luth et les tortues vertes après la phase de ponte.

 

Suite aux travaux similaires menés en 2010, le WWF-Guianas a mené en mai 2011, trois missions de déploiement de balises Argos sur des tortues marines du Suriname et du Guyana. Ces opérations s'inscrivent dans les activités engagées par le WWF sur le plateau des Guyanes afin de mieux connaître les migrations intra et post ponte des tortues marines.

Le WWF-France a participé activement à ces missions organisées par son bureau régional. Ce sont au total douze tortues marines qui ont été, grâce à ce dispositif, suivies par satellite, jour après jour, pendant plusieurs mois : huit tortues luths (Dermochelys coriacea) et quatre tortues vertes (Chelonia mydas).

 

               

                           

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce suivi satellitaire a permis de mieux connaître l'éthologie des tortues marines des Guyanes et d'estimer les niveaux d'interactions avec les différentes pêcheries de la région selon l'espèce, facilitant à terme l'élaboration d'un plan régional de réduction des prises accidentelles de tortues marines.

Source : http://guyane.wwf.fr/

 

Programme 2012 : Déploiement de 16 balises Argos/GPS sur des tortues vertes, de part et d'autre de l'estuaire du Maroni qui a mis au jour une véritable "autoroute de migration" !!

 

Ce nouveau suivi télémétrique fait donc suite aux déploiements de balises Argos déjà réalisés par le WWF-Guianas au Suriname et au Guyana sur sept tortues vertes (Chelonia mydas) en 2010 et 2011. Ce sont au total 16 individus femelles de cette espèce qui ont été équipés de balises Argos/GPS par le CNRS IPHC, de part et d’autres du fleuve Maroni, sur les plages d’Awala-Yalimapo (Guyane) et de Galibi (Suriname).

Ce suivi télémétrique a permis de renforcer notre connaissance de l’éthologie de la tortue verte des Guyanes (meilleure connaissance des trajets migratoires intra et post ponte et des zones de répartition de l’espèce au niveau de la Guyane et du Surinam), ainsi que l’estimation du niveau d’interaction de cette espèce avec les différentes pêcheries de la région.  Il appuiera l’élaboration, à terme, d’un plan régional de réduction des prises accidentelles de tortues marines.

Il s’est inscrit également dans le cadre du programme CARET 2 (Co-ordinated Approach to Restore our Endangered Turtles 2), programme de protection et de valorisation des tortues marines à l’échelle du plateau des Guyanes engagé par le WWF-France (chef de file du programme) en partenariat avec l’association Kwata, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), le Parc Naturel Régional de Guyane (PNRG) et le WWF-Guianas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de presse sur ce sujet ici.

 

Programmes de recherche développés sur les tortues luth :

 

Projet TALCIN (2004) : projet collaboratif international porté par le WWF Costa Rica et coordonné scientifiquement par le CNRS IPHC regroupant initialement des partenaires de Guyane, Suriname, Panama, Gabon, Uruguay :

   - réaliser un suivi télémétrique de 23 tortues luth provenant des plus grands sites de ponte et des zones d’alimentation connues ;

  - cartographier les déplacements de cette espèce, identifier les zones d’interactions fortes avec les pêcheries à l’échelle du bassin océanique et travailler avec les collectivités locales et les organisations régionales de gestion des pêches pour mettre en place des mesures visant à réduire les prises accidentelles de tortues marines.



Programme MIRETTE (CNRS IPHC de Strasbourg) : mené de 2008 à 2011, ce programme étudie une population de 300 tortues luth gravides d’identité et d’histoire reproductrice connues nidifiant en Guyane, dont une centaine a été équipée de systèmes de géopositionnement par la lumière, pour identifier les déterminants environnementaux et individuels de la reproduction par une approche combinant le suivi individuel de l’état morphologique (condition corporelle), hormonal et nutritionnel et du comportement individuel de ponte (durée de migration, nombre d’œufs pondus) et de migration (durée, habitat et comportement de prospection alimentaire). L’objectif étant de comprendre et de prédire l’impact des changements globaux sur les écosystèmes marins et leurs ressources, en étudiant les liens possibles entre les modes de MIgration et de REproduction chez les Tortues marines et les Trajectoires Ecophysiologiques qu’elles peuvent adopter pour optimiser leur valeur sélective au cours d’une saison de ponte ou sur des saisons successives (pour en savoir plus :  http://projetmirette.fr/index.htm).

 

 

 

Suivre les tortues olivâtres...

En 2006 et 2007, le CNRS IPHC a équipé de systèmes de localisation et d’acquisition de données environnementales et comportementales 20 femelles nidifiant en Guyane (18 tortues sur les plages de Rémire-Montjoly et 2 sur la plage d’Eilanti au Surinam) dans le cadre d’un partenariat avec les sociétés Hardmann/Créocéan et dans le cadre du projet CARET 1.

 

 

 

 Il est possible de voir le trajet des 16 tortues équipés, en cliquant sur l'image.

 
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