PRTM 2007-2012 : Menaces en mer

Les objectifs opérationnels

 

Menaces en mer

 

1. Réduire les interactions avec la pêche crevetière

 

2. Evaluer et réduire l'importance des captures et mortalités de tortues marines dans la pêcherie guyanaise

 

3. Réduire les captures de tortues marines par les pêches illégales en Guyane

 

 

Les menaces et les actions de réduction mises en oeuvre

 

C’est en mer que les tortues marines sont principalement menacées. Qu’elle soit industrielle ou artisanale, toute forme de pêche représente un danger pour les tortues marines qui se font capturer accidentellement dans les filets ou par les hameçons. En Guyane, les activités halieutiques les plus importantes sont la pêche côtière artisanale (pratiquée légalement ou non) et la pêcherie industrielle crevettière.

 

 

 

La pêche industrielle crevettière

 

La pêche à la crevette tropicale est considérée comme l’une des moins sélectives et entraînait en Guyane un taux de captures accessoires de 90%. Depuis 2004 des études on été menées pour évaluer l’efficacité des différents systèmes permettant de réduire les prises accessoires. Entre 2007 et 2009 le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM),  en partenariat avec le WWF et avec l’appui de plusieurs organismes (Institut Français pour l’Exploitation de la MER (IFREMER), National Océanic and Atmospheric Administration (NOAA) et le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de la Mer (MEDDM)) a mis au point un système d’exclusion des tortuesmarines. C’est un prototype adapté aux eaux guyanaises : le TTED (Trash & Turtle Excluder Device).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs années d’études ont été nécessaires à la mise au point de ce dispositif qui réduit les captures accessoires en Guyane de 25 a 35% et élimine la majorité des captures accidentelles de tortues marines. En 2010, tous les chaluts crevettiers du département en sont obligatoirement équipés. C’est une des principales réussites de l’année 2009 grâce à la forte implication du CRPMEM. 

       

      

        

La pêche côtière artisanale

 

La pêche côtière artisanale est la principale pêcherie en Guyane et présente un large panel de pratiques. Elle utilise des filets maillants dans lesquels les tortues marines sont parfois piégées. La première  étude menée par l’ONCFS (financé par la DEAL) et le WWF a montré que l’interaction avec les tortues marines pouvait être importante. Certain estimait qu’entre 1000 et 2000 individus (toutes espèces confondues) pouvaient être capturés chaque année, les tortues luth étant les plus touchées (enquête menée auprès de 39 pêcheurs côtiers). Depuis 2007, des études sont conduites par le CRPMEM et le WWF afin d’évaluer l’impact de la pêche artisanale côtière. Elles  devront mener au développement de méthodes alternatives visant à réduire les captures des tortues marines. En collaboration avec des équipes internationales, la mise en place de techniques de pêche moins impactantes pour les tortues sont à l’étude.

Dans l’Ouest, au niveau de l’estuaire du Maroni, la pêche pratiquée illégalement par les pêcheurs surinamais présente la menace la plus importante pour les tortues marines, et particulièrement pour la tortue luth. Dans l’est, les premières observations embarquées en 2008, par des techniciens du CRPMEM ont démontré que les 3 espèces de tortues marines pouvaient être capturées ainsi que les grands dauphins. 

 

 

 

La pêche illégale

 

La pêche illégale concerne principalement les zones transfrontalières de la Guyane. A la frontière du Brésil, les missions conjointes entre l’Action d’Etat en Mer (AEM), IBAMA (organisme environnemental fédéral au Brésil) et les équipes du Parc National Cabo Orange semblent freiner les intrusions illégales des pêcheurs brésiliens. Dans l’Ouest, côté Suriname, de nombreuses embarcations pêchent illégalement dans les eaux guyanaises. En regard des observations recueillies par la réserve naturelle de l’Amana, ces intrusions sont quotidiennes et certains cadavres de tortues retrouvés échoués sur les plages de la réserve pourraient provenir d’interactions accidentelles avec les engins de pêche. Des opérations visant à limiter ces intrusions illégales dans les eaux de l’Ouest guyanais ont été conduites par l’AEM, mais les moyens dont disposent les services restent insuffisants et doivent être adaptés et pérennisés pour préserver les ressources côtières et la biodiversité.

 

 

Les filets côtiers des plaisanciers

 

Les tortues marines peuvent également être prises aux pièges des filets fixes utilisés par les plaisanciers. Ces filets sont habituellement posés proches des côtes et souvent aux abords des structures rocheuses typiques de la bande côtière guyanaise.  La présence quotidienne et la vigilance des associations ou des agents de la réserve de l’Amana pendant la saison des pontes des tortues luth permettent une bonne réactivité et une intervention rapide des personnes habilitées à agir. 

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